Vous avez mal, votre mamelon devient endolori au contact du vêtement, chaque tétée vous fait hésiter, et vous cherchez une solution ? Que mettre sur les mamelons lors de l'allaitement ?
Entre crème à la lanoline, baume allaitement bio, gel cicatrisant, miel médical ou lait maternel laissé à l’air libre, il est parfois difficile pour une jeune mère de s'y retrouver. Pour soulager la douleur et prévenir une crevasse d’allaitement, il ne suffit pas d’acheter un produit. Il faut aussi vérifier la position d’allaitement, la prise du sein, la succion, l’aréole dans la bouche du bébé et la qualité de la mise au sein.
Pourquoi les mamelons deviennent douloureux pendant l’allaitement
Pendant les premières semaines après l'accouchement, la douleur vient souvent d’une prise du sein incomplète. Si votre bébé au sein attrape seulement le bout du mamelon, le frottement répété irrite la peau, favorise une crevasse et complique chaque tétée. Un mamelon aplati, pincé ou blanchi après la tétée est un signe fréquent.
Une mauvaise position d’allaitement, une bouche trop peu ouverte, une langue qui ne se place pas bien, ou un frein peuvent expliquer ce problème.
Prenez le temps de vous installer confortablement (fauteuil ou chaise, coussin d'allaitement, ...) et de bien placer votre bébé. Il existe différentes positions d'allaitement. N'hésitez pas à les essayer pour trouver celle qui vous convient le mieux.
Si vous utilisez un tire-lait, une aspiration trop forte, une mauvaise taille de téterelle ou un usage trop long peuvent irriter le tissu mammaire et le mamelon. Il convient de bien respecter les consignes d'utilisation et de bien s'installer, même pour tirer son lait.
Comment soulager les mamelons douloureux rapidement ?
Pour soulager la douleur, le premier traitement est souvent mécanique.
Avant d’appliquer une crème, il faut revoir :
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la position,
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la prise,
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la succion.
Rapprochez votre bébé, attendez une bouche grande ouverte, et veillez à ce qu’il prenne non seulement le mamelon, mais aussi une partie de l’aréole. Si la douleur pince dès la mise, interrompez doucement et recommencez. Cette étape simple peut aider dès le premier jour.
Vous pouvez aussi utiliser des compresses chaudes avant la tétée si le sein est tendu, puis des compresses froides après la tétée pour apaiser. Cette alternance chaude puis froide peut soulager la douleur et améliorer le confort.
Entre les tétées, laissez si possible vos mamelons à l’air libre quelques minutes.
Évitez de porter un soutien-gorge ou des vêtements trop serrés et de garder les coussinets humides trop longtemps.
Si la douleur est trop forte, tirer votre lait pendant un temps court peut aider à protéger le mamelon tout en maintenant la lactation. Cela permet de préserver la production de lait.
Que mettre sur les mamelons selon leur état ?
Les soins se choisissent en fonction de l'état de vos mamelons.
Mamelon sensible sans crevasse
Si la peau est intacte mais sensible, le lait maternel (en particulier, le colostrum) reste souvent le soin le plus simple.
Vous pouvez déposer quelques gouttes de lait en fin de tétée, les étaler doucement sur le mamelon, puis laisser sécher à l’air libre. Ce remède naturel est souvent utile au début de l’allaitement. Il peut devenir une routine naturelle et facile à répéter au quotidien.
Peau sèche, échauffée ou qui tire
Si le problème principal est une peau sèche, une crème protectrice ou un baume allaitement bio peuvent aider à protéger la zone. La lanoline et le miel médical agissent comme une barrière contre le frottement du vêtement et des coussinets.
Une crème bio ou un baume bien conçu peut améliorer le confort, surtout si le mamelon tire sans être fissuré. Il faut quand même rester prudente. Une crème ne corrige pas une mauvaise position ni un frein de la langue.
Si la peau devient plus rouge, si cela irrite la peau ou si le produit semble aggraver la sensation d’humidité, il faut arrêter.
À noter : sous la douche, il vaut mieux nettoyer les seins à l’eau tiède et éviter les savons trop agressifs si la peau du mamelon est déjà sensible. Une douche trop chaude ou répétée plusieurs fois dans la journée peut accentuer la sécheresse cutanée et fragiliser davantage des mamelons douloureux.
Crevasses d’allaitement
Quand une crevasse apparaît, le simple confort ne suffit plus. Il faut favoriser la guérison.
Un gel cicatrisant peut alors être utile, surtout si la zone chauffe, pique ou frotte beaucoup après la tétée. Le gel apporte souvent un effet apaisant et peut soutenir la cicatrisation s’il est utilisé proprement et sans excès.
Le miel médical contenu dans le gel cicatrisant* Melicare accompagne la guérison et permet de cicatriser les crevasses au mamelon (*1,2,3).
Le plus important reste de corriger la prise du sein, de limiter les frottements et de demander un avis si la douleur persiste.
À noter : une crevasse d’allaitement qui saigne, revient sans cesse ou ne cicatrise pas doit faire consulter.
Lanoline, colostrum, miel médical : que choisir vraiment selon l’état de vos mamelons ?
Beaucoup de mamans hésitent entre crème, baume, gel ou remèdes naturels. En pratique, le bon choix dépend surtout de l’état du mamelon. Si la peau est seulement sensible, le colostrum peut suffire. Si le mamelon est sec et irrité par les frottements, la lanoline peut protéger. Si une crevasse d’allaitement est déjà installée, le miel médical peut être une option plus intéressante pour favoriser la guérison. L’idée n’est donc pas d’accumuler les produits, mais de choisir le bon soin au bon moment.
Tableau récapitulatif : Quel soin choisir selon l'état de vos mamelons ?
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État du mamelon |
Soin recommandé |
Action principale |
À retenir |
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Sensible mais intact (Inconfort lié aux débuts de l'allaitement) |
Colostrum / Lait maternel |
Apaise et hydrate naturellement. |
Soin de base, 100 % naturel. À laisser sécher à l'air libre. |
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Peau sèche, échauffée ou qui tire (Frottements des vêtements ou coussinets) |
Lanoline ou Baume protecteur |
Protège et isole. Forme une barrière protectrice limitant la déshydratation. |
Bonne protection mécanique, mais ne répare pas une plaie déjà ouverte. |
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Crevasse installée, lésions (Douleur persistante, peau fissurée) |
Miel médical stérile (ex: Gel Melicare) |
Répare et cicatrise. Accompagne la guérison des tissus abîmés. |
Ne jamais utiliser de miel alimentaire. Optez pour une version stérile, dédiée au soin médical. |
Lanoline : une bonne protection, mais une réparation limitée
La lanoline est un soin des mamelons pendant l’allaitement. Une crème à la lanoline peut être utile si la peau est sèche, échauffée ou fragilisée par les frottements des coussinets, du vêtement ou d’une mise au sein répétée. Son intérêt principal est de former une barrière protectrice. Elle aide à limiter la déshydratation, à améliorer le confort et à réduire la sensation de peau qui tire. Elle peut apaiser les irritations d'allaitement.
En revanche, la lanoline protège mieux qu’elle ne répare. Si vous avez les mamelons douloureux avec une fissure nette, une douleur persistante ou un mamelon abîmé après chaque tétée, la lanoline seule ne suffira généralement pas.
La lanoline est un soin de protection plus qu’un soin de cicatrisation. Contrairement au miel médical stérilisé, elle n’a pas d’action anti bactérienne et ne prévient pas les crevasses. Sa texture épaisse et très grasse n’est pas toujours appréciée des jeunes mamans.
Colostrum : un soin simple, naturel et souvent très efficace au début
Le colostrum est souvent sous-estimé alors qu’il constitue un excellent soin des mamelons dans les premiers jours. Ce premier lait, très concentré, peut être appliqué directement sur le mamelon après la tétée. Il suffit d’exprimer une petite goutte, de l’étaler délicatement sur la peau, puis de laisser sécher à l’air libre. Ce geste simple s’intègre facilement dans une routine d’allaitement.
Le colostrum est particulièrement intéressant si le mamelon est sensible, un peu rouge, légèrement irrité, mais sans crevasse profonde. Il apaise, évite d’ajouter un produit inutile et s’inscrit dans une approche naturelle. Il est aussi cohérent avec une stratégie simple : corriger la mise au sein, vérifier que bébé est bien positionné, observer la bouche du bébé et réduire les frottements. Dans beaucoup de situations du début d'allaitement, c’est même le meilleur réflexe.
Son avantage est clair : il est immédiatement disponible, gratuit, bien toléré et adapté au contexte de l’allaitement maternel. Si la peau est intacte ou peu abîmée, le colostrum fait souvent mieux qu’une accumulation de crèmes. En revanche, si la crevasse est installée, s’il existe une douleur importante entre les tétées, un saignement ou une inflammation, il faut envisager un soin plus ciblé.
Miel médical : l’option la plus intéressante quand les crevasses sont déjà là
Quand le mamelon présente une vraie crevasse, vous pouvez utiliser le miel médical pour apaiser et soigner. Contrairement à la lanoline, il n’agit pas seulement comme une protection. Il s’inscrit davantage dans une logique de réparation et peut aider à favoriser la guérison dans le cadre d’un soin local bien choisi. Il est également utile lorsque les crevasses d’allaitement deviennent douloureuses et persistent malgré l’ajustement de la position.
Il faut toutefois distinguer clairement le miel médical du miel alimentaire. Le miel médical, utilisé dans les produits Melicare, est stérile, conçu pour le soin. Ce n’est pas un remède maison.
Le Baume protecteur Melicare assouplit et apaise les mamelons. Il protège la peau et prévient les crevasses efficacement. Sa texture fondante et non collante est très agréable (*4).
Le Gel cicatrisant permet d’accompagner la guérison des crevasses (*5). Il est aussi utile pour la cicatrisation d’une épisiotomie ou d’une cicatrice de césarienne.
Le miel médical n’efface pas non plus la cause du problème. Si votre bébé ne peut pas téter correctement, si la prise du sein reste mauvaise, ou si les bouts de sein sont mal utilisés, la crevasse risque de revenir. Mais entre les trois options, c’est souvent celle qui paraît la plus intéressante quand les lésions sont déjà installées.
À noter : chaque personne peut réagir différemment à la lanoline, au colostrum ou au miel médical. Observez les effets et demandez conseil si vous en ressentez le besoin.
Et pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, il est possible de préparer ses seins à l’allaitement.
Dès le deuxième trimestre, les seins gagnent en volume, les mamelons peuvent devenir plus foncés et plus sensibles. Quelques gouttes de colostrum peuvent parfois apparaître en fin de grossesse.
Vous pouvez masser délicatement la poitrine avec un soin doux pour assouplir la peau, protéger les mamelons des frottements et préserver le confort, sans jamais surstimuler la zone. Les soins Melicare peuvent être utilisés dès la grossesse. Ils protègent et hydratent la peau fragile, en prévention de la période d'allaitement. Vous pouvez déjà constituer votre kit complet pour l'allaitement. Ainsi, vous pourrez prendre soin de vos mamelons, dès la naissance.
En revanche, les techniques destinées à durcir la peau du mamelon sont considérées comme inefficaces et infondées.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Il faut consulter sans attendre :
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si la douleur devient intense,
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si les crevasses d’allaitement saignent,
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si le mamelon devient blanc, violet, brillant ou très rouge,
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si vous avez de la fièvre,
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si le sein est chaud et inflammatoire.
Il faut aussi consulter si votre bébé ne semble pas avaler correctement, s’il perd du poids, ou si vous redoutez chaque tétée.
Une consultante en lactation, une sage-femme, un médecin ou un pédiatre peut analyser la situation : position d’allaitement, prise du sein, bouche, langue, frein, succion, besoin de tirer votre lait, utilisation des bouts de sein, ou difficulté liée au post partum. Il peut parfois repérer en quelques minutes ce qui entretient la douleur depuis des jours et vous donner des conseils avisés.
Les questions que se posent les mères
Est-ce normal d’avoir mal au début ?
Une sensibilité légère au début de l'allaitement peut exister, surtout en première semaine. Une douleur vive, persistante, qui fait redouter la tétée, n’est pas normale. Elle doit conduire à vérifier la position d’allaitement, la bouche du nouveau-né (frein de langue, par exemple), la prise du sein et l’état du mamelon.
Faut-il continuer à allaiter si le mamelon est douloureux ?
Dans la plupart des cas, oui. Continuer à allaiter ou tirer votre lait aide à maintenir la lactation et à favoriser l’allaitement sur la durée. Si la douleur devient trop importante, il faut trouver une solution spécifique plutôt que subir. N'hésitez pas à demander un avis médical.
Un bout de sein peut-il aider tout de suite ?
Oui, parfois, mais seulement comme aide temporaire. Les bouts de sein en silicone peuvent apporter du confort ou aider un enfant à prendre le sein dans une situation particulière, mais ils ne remplacent pas une bonne prise du sein.
Les remèdes naturels sont-ils toujours meilleurs ?
Non, pas toujours. Un remède naturel peut être apaisant, mais il peut aussi irriter la peau. L’huile de coco, l’huile d’olive, l’aloe vera ou le calendula ne conviennent pas à toutes les peaux ni à toutes les crevasses.
Retenez une règle simple. Le bon soin d'allaitement dépend de l’état du mamelon et de la cause de la douleur.
Si la peau est seulement sensible, le lait maternel et l’air libre suffisent souvent.
Si la peau est sèche, une crème protectrice, un baume protecteur pour l'allaitement, un produit à la lanoline ou à base de miel médical peuvent protéger.
Si une crevasse apparaît, un gel cicatrisant au miel médical peut aider à favoriser la guérison, mais seulement si la prise du sein est corrigée.
Au quotidien, un fauteuil stable avec un coussin sous les bras peut vraiment aider à prévenir une mauvaise position d’allaitement et à réduire les frottements sur un mamelon déjà sensible.
Quand l'enfant est bien positionné, que sa bouche prend une partie de l’aréole, que la succion est efficace et que vous êtes bien installée, les douleurs diminuent souvent vite. Si ce n’est pas le cas, il faut consulter.
Ne laissez pas une douleur durable gâcher votre allaitement. Une solution existe presque toujours, à condition de traiter le problème à la source.
Mentions légales :
*Melicare gel cicatrisant est un dispositif médical destiné au traitement des crevasses d’allaitement, césariennes, épisiotomies et déchirures périnéales fabriqué et mis sur le marché par la société MELIPHARM (France). Bien lire la notice avant utilisation. En cas de doutes, parlez-en à votre Sage-Femme. Ce dispositif médical est un produit de santé réglementé qui porte, au titre de cette réglementation, le marquage CE.
Ressources :
- Haute Autorité de Santé (HAS): Recommandations sur l’allaitement naturel
- Etude PubMed (2021) - English: Le miel et la cicatrisation des plaies : une revue actualisée
- 1 : McLoone, P., Tabys, D., & Fyfe, L. (2020). Honey Combination Therapies for Skin and Wound Infections: A Systematic Review of the Literature. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 13, 875–888. https://doi.org/10.2147/CCID.S282143
- 2 : Tashkandi H. Honey in wound healing: An updated review. Open Life Sci. 2021 Oct 6;16(1):1091-1100. doi: 10.1515/biol-2021-0084. PMID: 34708153; PMCID: PMC8496555.
- 3 : Khataybeh B, Jaradat Z, Ababneh Q. Anti-bacterial, anti-biofilm and anti-quorum sensing activities of honey: A review. Journal of Ethnopharmacology. 2023 Dec;317:116830. DOI: 10.1016/j.jep.2023.116830.
- 4 : Le Baume protecteur allaitement Melicare a été testé sous contrôle dermatologique sur les mamelons de femmes ayant la peau sensible et sèche sur une période de 21 jours
- 5 : Étude menée sur le Gel cicatrisant Melectis, version antérieure de notre Gel cicatrisant Melicare sur un panel de 167 patientes allaitantes âgées de 17 à 43 ans
Cet article a été rédigé à titre informatif et ne remplace en aucun cas l'avis d'une consultante en lactation IBCLC ou d'un professionnel de santé.


