Déchirure du périnée consultation post-partum

Déchirure du périnée : comprendre les 4 degrés, les soins et la récupération

Lors de la naissance de votre enfant, vous avez eu une déchirure du périnée. De retour à la maison, vous vous demandez ce qu'il s'est réellement passé au niveau de votre périnée. 

Pendant l'accouchement, la tête de votre bébé étire fortement les tissus situés entre le vagin et l'anus. Il arrive qu'ils se déchirent. Cette déchirure périnéale peut être simple, limitée à la peau, ou plus profonde lorsqu'elle atteint les muscles, le sphincter anal ou le rectum. 

Les professionnels de santé parlent alors de premier, deuxième, troisième ou quatrième degré. Chaque degré correspond à une situation différente, avec sa technique de suture, son temps de cicatrisation et ses conseils de soin.

Mettre des mots sur ce que vit votre corps aide souvent à retrouver confiance. Voici des informations qui vous apporteront des éléments de réponse. Découvrez comment le degré d'une déchirure du périnée est évalué, quels traitements sont proposés, comment soulager les douleurs des premières semaines du post-partum et quand consulter un professionnel. La rééducation du périnée a également un rôle important. Certaines recommandations peuvent vous aider à prévenir les lésions obstétricales lors d'une prochaine grossesse.

N'hésitez pas à interroger votre sage-femme ou votre obstétricien.

 

À retenir

  • Une déchirure du périnée peut survenir lors d'un accouchement par voie basse, avec des atteintes plus ou moins profondes.

  • Les professionnels classent les déchirures en 4 degrés, selon les tissus touchés : la peau, les muscles, puis le sphincter anal.

  • Un examen du périnée juste après la naissance permet d'évaluer le degré et d'adapter la réparation.

  • Le repos, une hygiène douce et des soins adaptés aident à soulager les douleurs et à favoriser la cicatrisation.

  • Votre ressenti compte autant que votre cicatrice : vous pouvez en parler à chaque rendez-vous.

 

Le périnée, une zone essentielle très sollicitée pendant l'accouchement

Il est fréquent d'entendre parler du périnée lors de l'accouchement. Mais à quelle zone correspond-il précisément ?

Qu'est-ce que le périnée ?

Le périnée désigne l'ensemble des tissus situés entre le pubis, à l'avant, et le coccyx, à l'arrière. Il réunit de la peau, des muqueuses, des muscles et des ligaments. 

Ses muscles forment ce que les professionnels appellent le plancher pelvien : une sorte de hamac qui soutient la vessie, l'utérus et le rectum. Le périnée entoure l'urètre, le vagin et l'anus. 

Autour de l'anus se trouve le sphincter anal, un anneau musculaire, externe et interne, qui permet de retenir les selles et les gaz. 

Si vous participez à des cours de préparation à l'accouchement, la sage-femme vous aidera à mieux comprendre cette partie de votre corps.

Pourquoi une déchirure peut-elle survenir ?

Au passage de la tête du bébé, le périnée s'étire fortement, et il arrive que les tissus cèdent. 

Dans ses recommandations sur la protection du périnée, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) cite trois principaux facteurs associés aux déchirures profondes :

  • un premier accouchement par voie basse ; 

  • une phase d'expulsion très rapide ou au contraire, une poussée longue ;

  • une naissance avec l'aide d'instruments (ventouse, forceps, spatules).

D'autres situations entrent en compte, comme 

  • un bébé de poids élevé ( macrosomie fœtale), 

  • un travail prolongé,

  • un antécédent de déchirure importante. 

Ces facteurs aident simplement l'équipe à rester attentive.

Déchirure ou épisiotomie : quelle différence ?

Vous vous demandez quelles sont les différences entre une épisiotomie et une déchirure ? 

La déchirure se produit d'elle-même pendant la naissance. 

L'épisiotomie, elle, est une incision pratiquée par la sage-femme ou le médecin.

Le CNGOF précise qu'elle n'est pas recommandée de façon systématique lors d'un accouchement sans difficulté particulière, et que son indication doit vous être expliquée avant d'obtenir votre accord. 

 

Les 4 degrés de déchirure du périnée et ce que vous pouvez ressentir

Le CNGOF s'appuie sur la classification internationale, qui distingue quatre degrés de gravité selon les tissus touchés. Vous entendrez peut-être aussi les anciens termes « périnée complet » ou « périnée complet compliqué » en maternité.

Tableau des 4 degrés de déchirure du périnée

Degré Tissus touchés Prise en charge Ce que vous pouvez ressentir Suivi
1er degré Peau du périnée ou muqueuse du vagin et de la vulve. Atteinte superficielle. Pas de suture si la déchirure ne saigne pas et si les bords se rejoignent bien. Sinon, quelques points. Picotements ou brûlure en urinant, qui s'atténuent généralement assez vite. Contrôle par la sage-femme à la maternité, puis consultation postnatale (6e à 8e semaine).
2e degré Peau et muscles du périnée. Le sphincter anal reste intact. Suture en salle de naissance avec des fils résorbables. Zone sensible plusieurs jours, surtout en position assise. Les points peuvent tirailler au début. Contrôle à la maternité, puis consultation postnatale.
3e degré (LOSA) Sphincter anal : 3a moins de la moitié du sphincter externe, 3b plus de la moitié du sphincter externe, 3c sphincters externe et interne. Réparation par une équipe spécialisée, parfois différée de quelques heures. Antibiotique pendant l'intervention, conseils alimentaires et laxatif doux si besoin. Possibles difficultés à retenir les gaz ou les selles. Le pronostic est meilleur pour 3a et 3b que pour 3c. Entretien postnatal précoce, consultation postnatale, rééducation du périnée si besoin. Soutien psychologique possible.
4e degré (LOSA) Sphincter anal en totalité, plus la muqueuse de l'anus et du rectum. C'est la lésion la plus profonde. Réparation encore plus soigneuse, avec les mêmes mesures que pour le 3e degré. Mêmes symptômes possibles que pour le 3e degré. Suivi attentif, consultation spécialisée du périnée si besoin. Examen du périnée lors d'une grossesse suivante.


Premier degré : la peau et la muqueuse

La déchirure du premier degré touche uniquement la peau du périnée ou la muqueuse du vagin et de la vulve. Elle reste superficielle. Vous pouvez ressentir des picotements ou une brûlure en urinant. Ces symptômes s'atténuent généralement assez vite.

Deuxième degré : les muscles du périnée

La déchirure du deuxième degré atteint, en plus de la peau, les muscles du périnée. Le sphincter anal reste intact. La zone reste souvent sensible plusieurs jours, surtout en position assise, et les points peuvent tirailler au début.

Troisième degré : le sphincter anal est touché

La déchirure du troisième degré concerne le sphincter anal. 

Elle se divise en trois sous-catégories :

  • 3a : moins de la moitié du sphincter anal externe est atteinte ;

  • 3b : plus de la moitié du sphincter anal externe est atteinte ;

  • 3c : le sphincter externe et le sphincter interne sont atteints.

Les déchirures du troisième et du quatrième degré sont regroupées sous le nom de LOSA, pour « lésions obstétricales du sphincter anal ». Le CNGOF souligne que les atteintes limitées au sphincter externe (3a et 3b) ont un meilleur pronostic que celles qui touchent le sphincter interne.

Quatrième degré : la muqueuse anale est atteinte

La déchirure du quatrième degré atteint l'ensemble du sphincter anal ainsi que la muqueuse de l'anus et du rectum. Cette lésion, la plus profonde, fait l'objet d'une réparation encore plus soigneuse et d'un suivi attentif.

Qui évalue le degré de la déchirure ?

Un examen du périnée est réalisé, juste après l'accouchement, afin de vérifier si le sphincter est touché. 

En cas de doute, l'avis d'un second professionnel est demandé, et les lésions sont décrites en détail dans votre dossier. N'hésitez pas à demander à l'équipe ce qui a été constaté : mettre des mots sur ce que vous avez vécu aide à comprendre vos sensations.

 

Quelle prise en charge selon le degré de déchirure ?

La prise en charge proposée varie selon l'atteinte.

Les déchirures du 1er et du 2e degré : des points de suture en salle de naissance

Une petite déchirure du premier degré, qui ne saigne pas et dont les bords se rejoignent bien, peut cicatriser sans suture. En effet, il n'est pas nécessaire de la recoudre dans ce cas. 

Les déchirures du deuxième degré sont suturées en salle de naissance. Des fils résorbables qui disparaissent d'eux-mêmes, sont généralement utilisés.

Les lésions du sphincter anal : une réparation par une équipe spécialisée

En cas de LOSA, la réparation du sphincter se fera dans les meilleures conditions chirurgicales possibles. Selon le CNGOF, cette réparation peut être différée de quelques heures si cela permet de mieux la réaliser, sans conséquence défavorable sur la continence. Les recommandations sur le post-partum prévoient aussi :

  • un antibiotique administré pendant l'intervention ;

  • des conseils alimentaires et, si besoin, un laxatif doux pour éviter la constipation.

Le suivi pendant les semaines du post-partum

Lors de votre séjour à la maternité, la sage-femme contrôlera votre périnée et vous donnera tous les conseils de soin pour mieux cicatriser et éviter la douleur. 

Deux rendez-vous sont ensuite fortement recommandés : l'entretien postnatal précoce, entre la 4e et la 8e semaine après la naissance, puis la consultation postnatale, entre la 6e et la 8e semaine. Cette consultation permet d'examiner la cicatrice et de faire le point sur votre récupération.

 

Quelles sont les complications possibles selon les degrés ?

Dans les semaines qui suivent, certaines situations demandent un nouvel avis :

  • une infection de la cicatrice, avec rougeur, chaleur, écoulement ou fièvre, qui se soigne par un traitement adapté ;

  • une désunion, lorsque les bords de la plaie s'écartent ;

  • des douleurs persistantes ou des rapports intimes douloureux ;

  • des fuites urinaires, surtout dans les premiers mois ;

  • des difficultés à retenir les gaz ou les selles, en particulier après une LOSA.

Si une gêne s'installe dans votre vie intime, parlez-en sans attendre.

 

Soulager les douleurs et favoriser la cicatrisation après l'accouchement

Voici quelques conseils pour mieux traverser cette période.

Les premiers jours : froid, repos et positions confortables

Dans les premiers jours, votre corps a besoin de douceur. Quelques gestes simples peuvent vous soulager :

  • appliquer une poche de froid (pas glacée) enveloppée dans un linge, quelques minutes, pour apaiser la sensation de gonflement ;

  • vous allonger sur le côté pour allaiter ou vous reposer ;

  • vous accorder des temps de repos, en suivant le rythme de votre bébé.

Certains anti-inflammatoires pris par voie orale peuvent être efficaces sur les douleurs périnéales. Ils se prennent uniquement sur prescription, en particulier si vous allaitez. Ils pourront vous être prescrits avant votre sortie de la maternité.

Une hygiène intime douce au quotidien

L'hygiène intime après une épisiotomie ou une déchirure est la base des soins :

  • toilette délicate, 

  • séchage par tamponnement, 

  • changement régulier des protections,

  •  sous-vêtements en coton et pas trop serrés.

Cela contribue au confort de la zone. 

Prendre soin de la cicatrice

Le Gel cicatrisant Melicare est un dispositif médical à base de miels, destiné notamment aux déchirures périnéales et aux épisiotomies. Il existe aussi en format monodose, pratique pour la valise de maternité. 

Melicare propose également une sélection de soins pour favoriser la cicatrisation et de soins pour soulager la zone après la naissance.

Utilisez-les en suivant la notice et parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin : ces soins accompagnent votre suivi, ils ne le remplacent pas.

Retrouver la mobilité en douceur

Il vous faudra être patiente pour retrouver la mobilité : marcher un peu chaque jour, vous lever en passant par le côté et éviter les charges lourdes aident votre corps à se remettre en mouvement. 

récupération post-partum

La rééducation du périnée, une étape pour retrouver confiance en votre corps

La rééducation du périnée aide à retrouver la tonicité des muscles du plancher pelvien. Elle se décide au cas par cas, lors de la consultation postnatale, avec votre sage-femme ou votre obstétricien. 

Les sages-femmes ou les kinésithérapeutes formés peuvent réaliser cette rééducation. Le CNGOF la recommande notamment en cas de fuites urinaires qui persistent trois mois après l'accouchement, avec quelques séances guidées et des exercices à poursuivre chez vous. Les programmes s'adaptent à vos besoins.

 

Prévenir une déchirure périnéale : ce que disent les recommandations

Aucune méthode ne garantit l'absence de déchirure. La sage-femme ou le gynécologue qui sera présent à la naissance fera de son mieux pour éviter les déchirures et l'épisiotomie. Les recommandations du CNGOF, destinées aux professionnels, mettent toutefois en avant plusieurs repères :

  • le massage du périnée pendant la grossesse est encouragé chez les femmes qui le souhaitent : il réduit le recours à l'épisiotomie et les douleurs périnéales après la naissance ;

  • la liberté de position : aucune position ne s'est montrée supérieure aux autres, et vous pouvez choisir celle qui vous semble la plus confortable ;

  • une poussée sans précipitation : lorsque votre état et celui de votre bébé le permettent, il est recommandé d'attendre avant de pousser, puis de pousser de la manière qui vous semble la plus efficace ;

  • un accompagnement attentif au moment de la sortie de la tête, avec un soutien manuel du périnée par la sage-femme ou le médecin.

Vous pouvez aborder ces sujets avec le professionnel qui suit votre grossesse, surtout si vous ressentez de l'inquiétude. 

 

Après une déchirure sévère, un accompagnement médical et psychologique

Une déchirure du troisième ou du quatrième degré peut laisser des questions, parfois de l'inquiétude ou de la tristesse. Les mois qui suivent une naissance sont une période de grands remaniements psychologiques. Ce que vous ressentez mérite d'être entendu. 

L'entretien postnatal précoce est justement un temps pour exprimer votre vécu. Si vous en ressentez le besoin, l'équipe peut vous orienter vers un psychologue ou une consultation spécialisée du périnée. 

Lors d'une grossesse suivante, le CNGOF recommande d'examiner le périnée et de prendre le temps de répondre à vos questions. Le mode d'accouchement se discute alors avec vous, en fonction de votre histoire.

 

Conclusion

Il est important de prendre le temps de cicatriser, à votre rythme.

Une déchirure du périnée fait partie des réalités de l'accouchement, et chaque femme la vit à sa façon. Connaître les différents degrés vous aide à comprendre ce que vit votre corps et à poser les bonnes questions. Accordez-vous du repos, de la douceur et de la patience : les professionnels qui vous entourent restent à vos côtés.

Combien de temps faut-il pour cicatriser après une déchirure du périnée ?

La cicatrisation se fait progressivement, au fil des semaines, à un rythme qui varie d'une femme à l'autre et selon le degré de la déchirure. La consultation postnatale, entre la 6e et la 8e semaine, permet de vérifier que tout évolue bien.

Une déchirure du premier degré nécessite-t-elle toujours des points ?

Non, une déchirure superficielle qui ne saigne pas et dont les bords se rejoignent bien n'a pas besoin d'être suturée. L'équipe décide au cas par cas et vous expliquera quels soins effectuer.

Quand reprendre les rapports sexuels après une déchirure périnéale ?

Il n'existe pas de délai fixe. Le bon moment est celui où vous vous sentez prête, physiquement et émotionnellement. Si les rapports restent douloureux, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.

Est-il possible d'accoucher à nouveau par voie basse après une déchirure du 3e ou du 4e degré ?

Oui, c'est souvent possible. Le CNGOF indique que le risque d'une nouvelle LOSA se situe autour de 5 à 8 % et ne recommande pas de césarienne systématique. Le choix du mode d'accouchement se fait avec vous, au cas par cas. N'hésitez pas à poser des questions à l'équipe médicale.

Quels signes doivent vous amener à consulter rapidement ?

Consultez sans attendre en cas de fièvre, de saignements anormaux, de pertes malodorantes ou d'une douleur qui augmente au lieu de diminuer. Des fuites urinaires ou des difficultés à retenir les gaz méritent aussi un avis, même plusieurs semaines après la naissance. Il n'y a pas de tabous.